Saturation

Quand c'est pas lui, c'est sa femme, son couple, sa famille recomposée, ses enfants… et ça fait, quoi ? Un an que ça dure ? Ça a commencé bien avant la présidentielle, en tout cas. C'est bon, là, les gars, on a compris !
J'ai pris la photo hier matin en allant acheter Libé et 10 minutes plus tard, je lis la chronique de Daniel Schneidermann :
"Ce pourrait être un acte d'héroïsme minuscule, invisible, inutile sans doute. Passer devant un kiosque à journaux empli, débordant de lui. Sa photo souriante ou songeuse, son système, ses amis, ses enfants, l'insodable mystère de son épouse, ses secrets, ses bassesses, sa vulgarité, ses élans, ses bonbons, ses bourrelets retouchés au Photoshop, ses états d'âme, sa recueilleuse d'états d'âme, les états d'âme de sa recueilleuse d'états d'âme. Se planter là, devant le kiosque à journaux. Tendre la main. Et décider, simplement, pour soi tout seul, au nom du peuple souverain dont on est une parcelle indivisible, d'exercer son droit de rétractation. Pouce ! Chercher dans l'océan de la tentation unique, le seul journal, le seul hebdo, la seule feuille garantis sans Sarkozy."
C'est toujours agréable quand quelqu'un formule à peu près ce que vous ressentez, même si ça ne change rien au problème.
Mister G est abonné à un grand hebdo allemand, Der Spiegel. Et à chaque fois qu'il le reçoit, je suis épatée par la diversité, l'originalité, des sujets de couverture. Jamais je n'y ai vu un "marronier" du style "Le salaire des cadres", "Le palmarès des hôpitaux/lycées/classes prépa/universités" ou "Le vrai pouvoir des francs-maçons", à tout hasard, qui reviennent si souvent dans nos hebdos français. Les journalistes français sont-ils à ce point fascinés par le pouvoir ? Manquent-ils totalement, lamentablement, d'imagination ? N'y a-t-il donc aucun autre sujet possible que Nicolas S. ? Décidément, je désespère de mon métier.



