La revue-qui-n'en-finit-plus, c'est fini, et pour de bon cette fois ! En fait, ça s'est très mal passé : la chef a profité de mon séjour lillois pour refiler en douce mon travail à quelqu'un d'autre, puis elle a fait la morte pendant quinze jours. Grâce à des complicités internes, j'ai découvert le pot aux roses et quand j'ai enfin réussi à la coincer au téléphone, ça n'a pas été la franche rigolade. Ses reproches, très virulents, ont réussi à me faire douter. Et pourtant, tout ce qu'elle me disait me semblait faux, injuste.
-"Tu n'as pas fini les schémas !" (Mais si, je les ai tous faits, ça m'a suffisamment cassé les pieds comme ça.)
-"Ces pages-là ne correspondent pas à la charte graphique !" (Bien sûr que si, je me revois les monter !)
-"Je t'avais donné un planning !" (Absolument pas, je te le réclame depuis un an alors si tu l'avais fait, tu penses bien que je m'en souviendrais !)
Et pour finir : "le fichier n'a pas changé depuis décembre !" (Ben si, tu ne crois quand même pas que je te l'aurais envoyé, sinon ?)
En fait, elle avait raison, d'une certaine manière : le fichier n'avait pas changé pour la simple et bonne raison que je lui ai envoyé celui de décembre. J'ai mis quinze jours à vérifier tellement j'avais peur de me rendre compte que ses reproches étaient justifiés. Mais si je me suis trompée, c'est en envoyant la mauvaise pièce jointe. Et elle n'a pas eu l'idée de m'appeler pour vérifier. J'en déduis qu'elle avait déjà mauvaise opinion de moi et que notre collaboration ne la satisfaisait pas plus que moi.
Ce que je n'aime pas, c'est qu'elle semble disposée à me faire porter tout le poids de ses manques : ainsi, l'année 2008 n'a vu qu'une seule revue paraître au lieu de quatre, notamment parce qu'elle a mis plus de quatre mois à écrire le seul article qu'elle devait y publier. Vis-à-vis de sa hiérarchie, c'est sans doute bien pratique de se défausser sur moi et je m'en fiche. Ce que je déteste, en revanche, c'est qu'elle m'a fait douter. "Et si elle avait raison ? Et si j'avais merdé ? Et si j'étais aussi mauvaise qu'elle le dit ?" Quinze jours dans le flou, pas bien à l'aise avec moi-même. Et puis la vérification qui soulage. Et la certitude de ne plus jamais me fourvoyer dans une pareille collaboration.
Le soulagement d'être débarrassée de ce poids vaut bien les cauchemars qui ont suivi cette mésaventure. Maintenant je me sens toute légère.
Ces gens-là sont très forts pour faire douter de soi. En revanche, eux, ils ne veulent jamais être pris en défaut... Ils sont insaisissables. Qd on peut, il vaut mieux les fuir.
Rédigé par : karmara | 20 février 2009 à 17:26
bah mince alors... cette erreur de fichier joint n'est-il pas un acte manqué ??? peut-être qu'au fond, tu voulais montrer que toi non plus cela ne te satisfaisait pas... et si tu te sens légère maintenant tant mieux !
Rédigé par : charlotteb | 20 février 2009 à 19:19
Que de parallèles avec ma propre situation, sauf que j'avais une trop présente au lieu d'une trop absente et qu'elle a commis une erreur qui m'a permis de ne pas douter.
@karmara : "mieux vaut les fuir" : en effet, à moins d'être capables de les prendre à leur propres pièges et d'en avoir non seulement la force mais aussi l'envie. En ce qui me concerne j'ai eu très nettement le sentiment, peut-être présomptueux au fond, que je ne voulais pas m'abaisser à ce petit jeu-là, que la personne que j'avais en face, et l'enjeu (un job non sans avantages mais non sans inconvénients) n'en valaient pas la peine.
Rédigé par : gilda | 21 février 2009 à 12:09
Finalement j'ai écrit un billet un peu cousin
http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/2009/02/des-doux-le-doute-quasi-permanent.html
Rédigé par : gilda | 21 février 2009 à 13:55
Quelle angoisse, cette histoire !! Il m'est déjà arrivé d'envoyer la mauvaise version d'une traduction et de m'en rendre compte 5 minutes après, et c'était déjà le stress, mais alors, là... Je comprends que tu te sentes toute légère à présent !!!
Rédigé par : Pauline | 22 février 2009 à 09:39
Karmara -> oui, elle devrait se demander pourquoi toutes ses collaborations finissent mal…
Charlotte -> je n'y avais pas pensé mais depuis que tu l'as écrit, je me dis que oui, il y a de ça, c'est sûr !
Gilda -> oui, et on est finalement toutes les deux bien soulagées. C'est vrai que pour se battre, il faut vraiment en avoir envie ou besoin. Mais parfois, même quand on en a besoin, la motivation fait défaut. C'est sans doute le signe qu'on est embringué dans quelque chose de vraiment toxique !
Pauline -> oui, c'est pas joli joli… heureusement que tu t'es rendu compte de ton erreur !
Rédigé par : Satsuki | 23 février 2009 à 12:23
Il y a des gens néfastes et s'en débarrasser fait vraiment du bien. Encore faut-il leur échapper.
Rédigé par : radzimire | 23 février 2009 à 15:35
malheureusement, ce que je m'aperçois depuis quelques temps, avec certains de mes clients (en fait un seul me joue ce tour) c'est qu'il faut se battre et se débattre pour "se faire valoir", que le fait d'être son propre "patron" doit certainement déclencher des jalousies et que de toute façon c'est beaucoup plus facile de casser du sucre sur les gens qui ne sont pas présents tous les jours dans la société. Mais ce qu'il faut c'est surtout croire en soi et ne pas douter, se remettre en question, oui, mais surtout ne pas se déprécier.
Rédigé par : Béatrice | 23 février 2009 à 16:23
J'aimerai avoir ta capacité de concision pour raconter ce que je vis en ce moment... Mais je ne l'ai pas! Tant pis pour moi! Je suis au coeur d'une bataille d'élus qui ont besoin d'un bouc émissaire pour préserver leur orgueil et planquer leurs boulettes...
Devines qui est le bouc?
Alors... je comprends. Je compatis et pis en plus... je sens l'bouc!
Rédigé par : flopeanut | 23 février 2009 à 18:09
profiter d'un séjour à Lille...pour te fiare un coup pareil mais c'est odieux, immonde, vil et bas !
PS: la maison est toujours au bout du lac ;-)
Rédigé par : Bérangère | 24 février 2009 à 10:25
Je suis d'accord avec Charlotte, ça ressemble bien à un acte manqué. Ce genre de mésaventure t'arrive aussi plus facilement quand tu travailles seule. Tu es plus vulnérable, tu doutes davantage et alors, les vautours rodent ! Bon courage pour la suite.
Rédigé par : Ppn | 25 février 2009 à 13:35
En me laissant porter je découvre des blogs au hasard (j'adore ça découvrir) et je suis tombé sur ton blog je t'admire j'ai moi aussi ouvert un blog pour me dévoiler un peu sous couvert de mode j'y montre une facette de moi mais je n'arrive pas à parler boulot ou autre pour le moment...ah les mauvais côtés du boulot...quand il y a mauvaise foi manifeste il ne faut vraiment pas se prendre la tête Bon courage
Rédigé par : Fool | 25 février 2009 à 17:01
Radzimire -> c'est vrai que j'ai eu la chance de pouvoir m'y soustraire, ce n'est pas possible pour tout le monde.
Béatrice -> je vois que tu connais bien le problème ! C'est vrai qu'il faut essayer de garder la tête froide et de rester objectif sur soi-même.
Flo -> zut, toi aussi ? Ne te laisse pas faire ! Je t'envoie des bonnes ondes !
Bérangère -> oui, c'est pas très classe de sa part, hein ? Sinon, ça me fait du bien que tu connaisses aussi cet endroit, ça me garde un petit lien là-bas. J'ai énormément de souvenirs dans cette région et ça me manque beaucoup… je pourrais y retourner, évidemment, mais comme ma grand-mère n'y est plus, ce ne serait pas pareil… et j'ai peur que ça me fasse plus de peine que de bien.
Ppn -> je le confirme, c'était sûrement un acte manqué. Mais ça me servira de leçon pour la suite, je ne me laisserai pas reprendre à ce petit jeu de sitôt !
Fool -> merci beaucoup et bienvenue à toi ! Je vais te rendre visite de ce pas.
Rédigé par : Satsuki | 27 février 2009 à 11:54