J'ai lu le livre deux fois, préparé soigneusement l'interview, passé plus d'une heure avec l'auteur et mis deux jours à écrire l'article. Tout ça pour 244,50 euros, congés payés et 13e mois compris, même si c'est illégal, avec en plus un abattement sur les charges pour lequel le magazine avait pourtant l'obligation de me demander mon autorisation, que je n'aurais d'ailleurs pas donnée. Le magazine en question est "engagé", c'est-à-dire qu'il pourfend haut et fort les méchants employeurs qui maltraitent leurs salariés. C'est comme ça, les titres les plus militants sont souvent les moins réglo.
Ça, c'est pour l'aspect financier. Il est important, parce que ces situations sont de plus en plus fréquentes. Avec la crise, qui a drôlement bon dos en ce moment, mes collaborations s'amenuisent. Je les remplace mais hélas, pas au même tarif ! Vaut-il mieux travailler beaucoup plus pour le même prix ou ne pas travailler ? Je commence à me poser la question !
Au-delà de l'aspect financier, il y a une certaine humiliation dans ces conditions de travail, humiliation qui, les mauvais jours – vous aurez deviné qu'aujourd'hui, ce n'est pas la grande forme –, m'amène à penser que mon travail ne vaut peut-être pas grand chose.
(C'était la minute plaintive, je vous remercie de m'avoir écoutée et je me remets au boulot.)
Bonjour, je bosse dans un groupe de presse, et j'ai été choquée de voir à quel point les pigistes étaient si peu payés. C'est vraiment honteux !! Si on calcule le tarif horaire, c'est une misère... bon courage, et je confirme, la crise a vraiment bon dos, le groupe en question vient de me licencier pour raison "économique". Tenons le coup, et trouvons une alternative ;) A bientôt (j'adore votre blog ;)
Rédigé par: Strawberry milk | 06 juillet 2009 à 21:45
C'est curieux, c'est pareil dans la musique... partout en fait, je crois... au secours :).
Rédigé par: Mashenka | 07 juillet 2009 à 00:37
Quand j'étais attachée de presse en free-lance, j'ai eu un temps la tentation de devenir pigiste. Quand j'ai appris combien était payé le feuillet par rapport à ce que je vendais mon communiqué de presse, j'ai été sciée. Tu as raison de te plaindre et tu as droit de le faire. Tiens, je te prête mon épaule pour pleurer un coup...
Rédigé par: Ppn | 07 juillet 2009 à 05:35
Je n'ai pas compris "l'abattement sur les charges" ? De quoi s'agit-il (et en quoi est-ce une arnaque ?).
As-tu au moins été payée dans les délais ?
La seule corrélation entre opinions politiques et comportement en tant que hiérarchique / employeur est que certain(e)s types(sses) de droite ont un réel mépris pour qui n'est pas au moins de son milieu social ou "arrivé" à son propre niveau. Et là, il n'y a rien à espérer.
Sinon, j'ai connu des gens aux idées généreuses mais aux comportements archi-mesquins, et d'autres peu partageux mais en revanche jouant le jeu (vous avez (bien) bossé, j'estime que ça vaut tant, je les paie). Un autre point où peuvent s'exercer facilement les rabiotages et mesquineries, lorsqu'il s'agit de salariat non "pigé" étant les congés, qu'on accorde ou non.
Reste à espérer que cet article, s'il a été correctement publié, t'aidera à trouver d'autres commandes, peut-être mieux dotées.
Rédigé par: gilda | 07 juillet 2009 à 08:03
Effectivement, la crise a bon dos... et travailler en "indépendant" devient vraiment difficile. Pas agréable de bosser dans ces conditions...
Bon courage, et n'hésites pas à multiplier les minutes plaintives, ça fait du bien !
Rédigé par: mariaba | 07 juillet 2009 à 15:56
Arg !! Je suis de tout coeur avec toi, et je connais bien ce sentiment. Là, le plus rageant, c'est finalement de se faire exploiter par des donneurs de leçons. Dommage que tu ne puisses pas leur dire en face ce que tu en penses (mais après tout, ils doivent bien s'en douter) Courage, courage, on les aura !!!
Rédigé par: Pauline | 07 juillet 2009 à 19:38
Le fameux Perdre sa vie à la gagner... Je voudrais trouver une autre logique, une autre façon de vivre, mais je ne suis pas plus maligne que les autres, pas marginale au point de rejouer Volem rien foutre al païs (ce ne serait séduisant qu'un temps je crois) et il faudra bien que je finisse par rentrer dans le rang... Ca me rend malade.
Rédigé par: Milky | 08 juillet 2009 à 03:12
Strawberry Milk -> bienvenue ! Effectivement, le tarif horaire est assez nul. Je paie mieux la dame qui fait le ménage chez moi que je ne suis payée, ça laisse rêveur… Sinon, j'espère que tu retrouveras bien vite du travail (décemment payé si possible) !
Mashenka -> je dirais même plus : au secours !
Ppn -> merci pour l'épaule et les encouragements ! Moi je fais le chemin inverse : je travaille un peu pour une agence de communication en m'émerveillant de ce le prix que j'ai demandé ait été accepté sans discussion !
Gilda -> c'est un abattement de 30% sur les cotisations sociales, autant pour l'employeur que pour le salarié. Du coup, on ne cotise plus que sur 70% du salaire. Sur le coup, on touche un peu plus d'argent mais le jour où on est malade/enceinte/au chômage/à la retraite, ça peut faire une grosse différence ! Et pour répondre à ta deuxième question, je n'ai pas été payée dans les délais.
Dans la presse française, on considère souvent que le journal le plus "confortable" pour ses salariés, c'est Le Figaro. Comme quoi…
Mais tout n'est pas négatif, j'ai beaucoup aimé travailler sur ce sujet, rencontrer ce monsieur, écrire cet article, et je compte bien m'en servir pour trouver autre chose, comme tu le suggères !
Mariaba et Pauline -> merci, merci ! Je sais que vous connaissez un peu le problème ! Mais on garde quand même un énorme avantage : travailler à la maison ! Il faudrait vraiment que je sois au désespoir pour renoncer à ça.
Milky -> je me demande souvent quels choix je ferais si je pouvais revenir 10 ou 15 ans en arrière. En fait, en ce moment, j'en rêve même la nuit ! Je n'ai pas trouvé la réponse mais je sais au moins que j'aurais cette préoccupation-là en tête, ce qui n'était pas du tout le cas à l'époque : j'avais hâte de travailler, de gagner ma vie, de ne plus dépendre de mes parents.
En tout cas, ça a l'air génial, New York ! J'envie ta liberté et j'admire ce que tu en fais. Continue !
Rédigé par: Satsuki | 10 juillet 2009 à 10:24
Merci pour l'explication. Durant mes années de temps partiels j'avais pris soin de choisir une option "cotisations sur un équivalent temps plein" ce qui dans une trentaine d'années (d'ici là la retraite devrait être à 75 ans) me vaudra si je survis et le monde aussi de toucher par mois l'équivalent de feu le RMI.
Pour le Figaro, j'ai connu quelqu'un qui y bossait et disait la même chose : pas de cadeaux et dur mais réglo et du renvoi d'ascenseur à l'occasion.
Rédigé par: gilda | 10 juillet 2009 à 15:03
Je connais ce genre de pratique, et une journaliste en grande précarité à cause de son employeur...
Je ne sais pas si tu as entendu parler de ce procès :
http://assezassez.over-blog.com/
très édifiant !
Rédigé par: Lyjazz | 17 juillet 2009 à 00:07
Gilda -> ouah, royal, le Crédit Chose !
Lyjazz -> oui, j'en ai entendu parler. Personne n'est vraiment à l'abri de ce genre de choses malgré la loi qui est pourtant claire sur le sujet. Le problème, c'est que les employeurs indélicats ont souvent les moyens de faire traîner les procès en longueur alors que les employés ne peuvent pas se le permettre ! Mais l'avantage de notre situation, c'est qu'on n'est pas pieds et poings liés chez eux, ouf !
Rédigé par: Satsuki | 23 juillet 2009 à 10:59