Trois semaines d'une nouvelle collaboration qui m'a demandé toute mon énergie. Trois semaines à essayer de maîtriser un univers auquel je suis totalement étrangère. Trois semaines à apprendre un vocabulaire ultra-précis, ultra-spécialisé, ultra-compliqué. Je commence à voir le bout du tunnel. Je commence même à y prendre un certain plaisir, celui que l'on éprouve, peut-être, quand on peut faire ses premiers pas dans une langue étrangère sans avoir besoin de sortir le dictionnaire toutes les cinq minutes. Je commence aussi à fatiguer.
Dans le boulot, j'ai toujours été un peu maso : j'aime m'attaquer à des montagnes toute seule, les gravir en tirant la langue et regarder le paysage en me répétant "je l'ai fait". Problème : la montagne ne me paraît jamais assez haute pour que je me félicite de mon ascension. "Bof, finalement, c'était pas si dur. Allez, la suite !" Je ne savoure pas assez mes victoires et à force d'enchaîner les montagnes sans souffler, la chute menace. Mais comment se déprogrammer soi-même ?
Sinon, jolis couchers de soleil en ce moment sur la banlieue sud.