Oh, wie schön ist Berlin !
Pourtant, "schön" n'est pas le mot exact, le charme de Berlin ne résidant pas dans sa beauté. Ce titre est en fait un clin d'œil à un livre pour enfants très connu en Allemagne, "Oh, wie schön ist Panama", de Janosch. Pour me le procurer, j'ai réussi à formuler ma première phrase correcte en allemand devant une libraire stoïque.

D'autres livres rapportés d'Allemagne.


L'un porte précisément sur Berlin et l'autre, pas du tout, mais je l'avais déjà repéré il y a des années, à une époque où ce n'était pas raisonnable de l'acheter et j'avais toujours regretté d'avoir été, justement, raisonnable.
Avant de partir, j'aurais aimé trouver des livres sur la ville, pas des guides, mais des romans, pour le plaisir de l'anticipation avant et pour faire durer le voyage ensuite, mais je n'ai pas réussi à mettre la main sur quelque chose de satisfaisant. Il y a bien "La Télévision", de Jean-Philippe Toussaint, qui se déroule à Berlin, mais c'est tout. Si vous avez des idées, je suis preneuse.
Je sens bien que je vais avoir du mal à décrire cette ville et à expliquer ce qui me l'a rendue immédiatement aimable. Des choses simples, d'abord : Berlin est vaste comme 8 Paris et compte autant d'habitants. Autant vous dire qu'on y est moins tassé. Evidemment, on passe pas mal de temps dans les transports en commun, mais l'expérience n'évoque jamais l'heure de pointe sur la ligne 13 (Gilda, j'ai essayé de t'envoyer des ondes !)
Ensuite, Berlin, c'est vert. 30 % de la ville sont occupés par des parcs, des forêts et des lacs. La nature s'invite un peu partout dans la ville, l'herbe se glisse entre les pavés, la vigne recouvre les façades, les arbres sont partout. Autant la verdure parisienne est taillée, tondue, délimitée et domestiquée, autant la verdure berlinoise vit sa vie, loin des jardiniers municipaux et des parterres de fleurs manucurés. La ville semble baigner dans une joyeuse anarchie, un charmant fouillis…
Enfin, les Berlinois ne se prennent pas au sérieux.

(A gauche, un panneau dans le style électoral – des élections ont lieu ce week-end – qui dit, en gros, "Des dentiers pour tous !")
A Berlin, on se déplace facilement à vélo : la ville est toute plate, il y a des pistes cyclables partout et la circulation, quoiqu'en disent les Berlinois, est plutôt réduite. Cela n'empêche pas de croiser régulièrement quelques spécimens automobiles assez réussis, et les Trabant rafistolées côtoient des Mercedes rutilantes tout juste sorties de la chaîne de montage.

(Au milieu, un scooter d'Allemagne de l'Est, à droite, une Trabant break)
Ce mélange des genres est pour beaucoup dans le charme de Berlin. La campagne et la ville, l'Est et l'Ouest, l'ancien et le nouveau, la lourdeur du passé et l'humour des Berlinois, les immeubles délabrés, les traces de schrapnels sur les murs et la douceur de vivre, les cafés Starbucks et les biergarten…

J'ai aimé aussi ne pas comprendre les conversations autour de moi, ne pas me trouver malgré moi plongée dans l'intimité de mes voisins de bus ; l'absence des affiches publicitaires omniprésentes dans le métro parisien ; la possibilité de petit-déjeuner pour 2,50 euros ; les cafés clairs et calmes dans lesquels on peut manger à toute heure en lisant la presse ; le jardin de Robin et Tone, nos hôtes, et ses plants de tomates, ses mûriers, ses fraisiers, la vigne qui grimpe le long de la maison, déposant ses grappes au deuxième étage à côté d'une drôle de liane portant des kiwis…

Voilà. Maintenant, plaignez Mister G, que je tanne tous les jours sur le thème "Et si on allait vivre à Berlin ?")


