04 février 2008

Attendre

Fakirette
Laisser libre cours à sa curiosité, affirmer son envie, chercher des portes d'entrée, réunir des informations, monter des dossiers, lancer des idées, faire des propositions, se déclarer disponible… et attendre.

Attendre qu'on veuille bien répondre au mail, rappeler ou simplement décrocher le téléphone. Autant je n'ai aucune difficulté à travailler quand je sais où je vais, ce que je cherche, autant j'ai du mal quand je suis coincée entre mes désirs et le bon vouloir de ceux qui peuvent les faire aboutir.

Photo : Ozalid pose devant des dessins de Camilla Engman.

21 janvier 2008

Revenir

Ag
A chaque fois, je me rappelle pourquoi je fais ce métier.
A chaque fois, je suis épatée par les étudiants, la vitesse à laquelle ils apprennent, leur exigence, leur désir de bien faire. Pas tous, bien sûr, mais ceux qui dépassent le font de la tête et des épaules.
A chaque fois, je mûris toutes sortes de projets pendant ces trois jours.
A chaque fois, je souhaite m'investir un peu plus dans la formation.
Ça fait du bien, vous ne pouvez pas savoir.

(Ce midi, assemblée générale dans le hall de la Chaîne de télé. Depuis les déclarations du mari de Carla Bruni il y a 15 jours, c'est la panique, tout le monde tend le dos. Dans le service pour lequel je travaille, personne ne se fait d'illusions : dès qu'il faudra faire des économies (donc ça va venir très vite), on sera parmi les premiers à sauter. Il est temps de se bouger.)

11 janvier 2006

Pardon ?

C'est pas qu'on n'a pas la tête à ce qu'on fait, en ce moment, au boulot, mais de temps en temps, y a des dialogues un peu curieux…

-Je vais pas faire de vieux os, ce soir, il faut que j'aille voir Eliane à l'hôpital.
-Pourquoi, elle est morte ?
-Ben non, elle doit me prêter un livre.
-Ha bon !

Sinon, j'aimerais bien vous raconter plein de choses, mais j'y arrive pas. Les mots ne viennent pas, je ne suis jamais contente du résultat, donc je préfère m'abstenir.
Ça va reviendre (mais quand ?)

23 décembre 2005

Entre-deux

Entre-deux, oui, mais entre deux quoi, au juste ?

Le sort du magazine devrait être scellé au plus tard lundi. En attendant, les bruits courent. Le repreneur ne serait pas content, dirait que personne n’a envie de le suivre et que le numéro à venir est au point mort. Nos bureaux sont déjà réattribués et leurs nouveaux occupants viennent repérer les lieux. La direction accuse l’équipe de vouloir faire capoter la vente en faisant valoir ses clauses de cession. On se rend compte que tout cela était prévu et préparé de longue date. Pour eux, le journal n’existe plus depuis un an. Régulièrement, l’un ou l’autre exprime l’envie d’empoigner le chef des sous (dit « la carpette ») pour taper sur le chef suprême (également connu sous le nom de « Pif rouge »). Les délégués du personnel nous avertissent : « tendez l’oreille ! Les coups fourrés ont souvent lieu entre Noël et le nouvel an ! ». Folle ambiance…

Evidemment, personne n’a tellement envie de bosser. Il faut dire aussi qu’on n’a pas grand chose à faire, et moi encore moins que les autres. Je n’ai aucun élément pour remplir le supplément sur lequel je travaille. Alors je change les photos, je recale les blocs, je fais des essais de couleurs, je bouge les titres… je remplis des feuilles de Sécu, je lis le journal, j’écris mes compte-rendus de livres pour « Elle », je grave des cédés, j’achète du foie gras à Pierre, le maquettiste – bon, on va pas s’laisser aller, hein !

19 décembre 2005

Attente

Aujourd’hui, rencontre avec les GR – les Gentils Repreneurs. D’abord tous ensemble, puis en tête-à-tête. Au fil des entretiens, ils ont l’air de plus en plus fatigués. On sent les calculettes s’agiter dans les têtes tandis qu’ils additionnent le coût des différentes clauses de cession (en cas de revente d’un titre, les journalistes qui ne souhaitent pas suivre peuvent en effet partir avec des indemnités, comme pour un licenciement). La décision finale doit être prise ce soir et on se dit que la vente, finalement, c’est peut-être pas gagné…

15 décembre 2005

"Rentable, mais pas assez"

Ces temps-ci, je retravaille chez 4x4 mon ami. Le magazine, « rentable, mais pas assez » – un grand classique – est en passe d’être vendu. Le repreneur serait un petit groupe familial, le genre de boîte que je connais bien, où tout le monde fait tout, tous les jours, à toute heure. Où le leitmotiv est « si c’est gratuit, c’est dans mes prix ». Où l’on fait des acrobaties administratives pour que le groupe reste petit et n’ait pas à se soumettre aux obligations des entreprises un peu étoffées, comme les 35 heures ou le comité d’entreprise… Bref, un endroit où l'on apprend beaucoup quand on débute, mais où, au bout d’un moment, on a fatalement l’impression de devoir payer pour bosser.
Moi, je m’en fous, en tant que modeste CDD, je ne suis pas comprise dans le prix. Mais pour les permanents (enfin, le peu qu’il en reste puisque Grossbouate, ceux qui nous vendent, a consciencieusement vidé le magazine de sa substance et de ses employés avant de le mettre en vente), pour les permanents, disais-je, c’est pas rigolo.
Même moi, j’éprouve un sentiment d’abandon.
Trop sentimentale, hein…

07 octobre 2005

Paroles, paroles

Lu (ou plutôt relu) hier soir dans Bonjour paresse, de Corinne Maier, aux éditions Michalon :
"La stratégie a le mérite de permettre l'émergence de multiples documents écrits dans une langue de bois pleine de saveur. Dans l'entreprise où je travaille, qui œuvre dans le domaine de l'énergie, j'ai lu récemment un véritable morceau de bravoure rédigé par des consultants : "Rester leader implique sécuriser le sourcing et/ou le positionnement du groupe sur le midstream gazier, de même qu'identifier un mix/portefeuille de production optimal en fonction du mass market. Cela nous éloigne du modèle pure player, qui nous avait conduits à définir une offre package. En interne, le pilotage corporate doit être réalisé de façon volontariste à la maille interbranche grâce aux remontées bottom up. Les missionnements PMT seront définis en référence aux gaps entre l'image consolidée et la cible 2006."
L'un des chapitres s'intitule d'ailleurs : "Consultant : il est toujours insultant d'être pris pour un con"…

Roses des sables 2005

  • Rose10
    Fin octobre, un rallye automobile féminin reposant sur l'orientation (carte, boussole et road-book, les GPS sont interdits) dans le sud marocain. Valouchka et moi sommes dans la voiture rouge numéro 36.