Eh bien voilà. Deux mois que Paul est né, deux mois que je vis au lit.
La plupart du temps, j'y dors et j'y allaite. Mais pas seulement. Dans ce lit, je mange, je lis, je raconte des Tintin à Jan, qui en est fou (vous avez déjà essayé de lire un Tintin entier à voix haute ? Epuisant !), je regarde passer les nuages, je lutte pour un bout de couette avec les chats, je pousse G. qui ronfle, j'essaie de lire des blogs sur mon truc-phone (pas terrible) ou sur la tablette de G. (pas terrible on plus), je fais des projets ("et si, pour changer du Minip', j'allais au Champi, aujourd'hui ?"), je gâtifie, je fais des grands sourires, des bisous et des câlins, j'invente des surnoms idiots qui poursuivront le pauvre Paulo jusqu'à sa majorité, je téléphone à la Sécu pour savoir pourquoi je n'ai touché que 23 € depuis le début de mon congé maternité (me lancez pas là-dessus), je regarde mes cuisses, je me trouve énorme et grasse, je pense à la piscine, un jour…, je rêve d'une maison en Bretagne, j'essaie de trouver un échange suédois pour cet été, je réponds aux attachées de presse que oui, j'ai bien reçu leur mail mais que non, je suis en congé maternité, je souris lorsqu'elles me souhaitent toutes "bon courage !", je me demande ce qu'on va bien pouvoir manger ce soir, je me dis que j'ai de la chance, j'ai de la chance bon sang mais qu'est-ce que j'ai de la chance…
Je plane, quoi.
PS : merci pour vos félicitations et vos vœux de bienvenue, ça nous a fait à tous chaud au cœur ! Je pense à plus tard, quand je montrerai à Paul les cartes reçues de la famille pour sa naissance, puis vos commentaires… "Mais c'est qui toutes ces dames, maman ? Des amies. Mais je les ai jamais vues ! Moi non plus mon Paulo, moi non plus" (enfin, certaines, si). Les liens affectifs prendront peut-être un tout autre sens pour nos enfants, vous ne croyez pas ?
PS2 : Marie, j'ai vu ton tag et je ne t'oublie pas !