28 juillet 2009 dans Journal, Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (7)
27 juillet 2009 dans Ailleurs, Journal, Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (7)
24 juillet 2009 dans Journal, Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (3)
Dans "Le jour où mon père s'est tu", Virginie Linhart décrit ainsi son angoisse : […] j'ai peur de tout, tout le temps. Peur de ne plus réussir à travailler, peur qu'il arrive quelque chose à mes enfants, peur que mon mari disparaisse, peur de devenir folle. J'ai l'imagination du pire, jamais celle du meilleur. Si le téléphone sonne un peu tard le soir, comme ma grand-mère avant moi, comme ma tante sa fille, je suis tellement terrifiée par la possible annonce d'une mauvaise nouvelle que je dois me faire violence pour décrocher. Plus jeune, je pouvais passer des journées roulée en boule au fond de mon lit, terrassée. J'ai appris à vivre avec, c'est un combat quasi quotidien, ne pas se laisser submerger par le sentiment qu'on n'a pas le droit d'être là, qu'on n'a pas le droit de réussir, qu'on n'a pas le droit d'avoir de la chance, de gagner de l'argent, d'être heureux." (p. 97)
Lu quelques heures après un coup de fil légèrement tardif (et parfaitement anodin), ce passage m'a en un sens rassurée, moi qui fais des cauchemars une nuit sur deux depuis que le Bonhomme est arrivé.
Sinon, je vous recommande grandement le livre, même si vous n'êtes pas passionné par Mai 68 (Virginie Linhart, elle-même fille de… a rencontré les enfants des principaux acteurs de l'époque), il dit beaucoup de choses intéressantes sur la filiation et la façon dont chacun s'en accommode.
Si vous n'en avez pas marre de la Suède, allez donc faire un petit tour chez Pauline qui en rapporte de très jolies photos.
Enfin, des nouvelles des projets du dernier billet : deux vendus, mais l'un pour dans plusieurs mois, les autres en attente. D'ailleurs, je vais de ce pas entamer une petite tournée de relances téléphoniques, allez, hop ! c'est lundi ! Bonne journée à vous !
08 septembre 2008 dans Journal, Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (6)
Vous allez croire que j'ai des actions à L'École des Loisirs, malheureusement ce n'est pas le cas.
Si vous aimez les livres pour enfants (mais pas seulement), sachez qu'il y a peut-être l'un de ces fascicules chez votre libraire, voire les trois, et que si ce n'est pas le cas, la maison d'édition peut vous en envoyer un (ou deux ou trois ou plus) "pour diffusion". Pas besoin d'être librairie ou bibliothécaire ou enseignant (en tout cas, ils ne demandent rien).
Dans le livret consacré à Kitty Crowther, on trouve des pages comme ci :
Et dans celui consacré à Claude Ponti, des pages comme ça :
Effet pervers de la diffusion de ces livrets, je comprends que je n'aime pas vraiment ce que fait Tomi Ungerer…
PS : Vous voulez un Ponti ? Il m'en reste un. Si ça vous intéresse, envoyez-moi votre adresse postale à satsukiduchatbus (ici, insérer l'arobase) yahoo.fr.
PPS : Gilda, je t'en ai envoyé un, des fois que tu ne l'aurais pas déjà…
05 juin 2008 dans Journal, Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (5)
Le fait d'avoir un bébé m'a offert une excuse en or massif pour me lâcher au rayon jeunesse des librairies. Ce n'est pas que je me retenais beaucoup avant, mais quand il fallait choisir entre un roman très attendu et un album jeunesse, c'est généralement le deuxième qui passait à la trappe. "Ce sera pour plus tard". Plus tard est arrivé et maintenant, je prends les deux, ce qui explique sans doute un certain nombre de choses mais passons.
Donc j'y vais franco et, voyez comme je suis chanceuse, je peux même y aller deux fois : dans les librairies françaises ET dans les librairies allemandes.
Lors de notre dernier séjour en Allemagne, j'ai rapporté deux petits livres de Rotraut Susanne Berner, "Oskar" et "Monika und Mingus". Quelques semaines après notre retour, ils sont apparus dans une version française dans mes lieux de perdition favoris. Oskar est devenu Julien, et Monika s'appelle désormais Mysti. Peu importe car en français ou en allemand, les livres de cet auteur sont délicieux.
"Bonne nuit Tommy", trouvé à la bibli.
J'aime les dessins au crayon de couleur qui me donnent l"impression que c'est facile (et comme je veux la conserver, cette impression, je n'essaie pas d'en faire, moi aussi), les détails incongrus comme le poussin caché derrière le vase, les clins d'œil à des tableaux connus et la simplicité des textes.
Ce qu'en pense le Bonhomme ? Difficile à dire mais si l'on considère que son degré d'affection pour un livre peut se mesurer au nombre de fois où il le jette par terre, je pense que ça lui plaît aussi…
01 juin 2008 dans Journal, Petite famille, Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (4)

Je me souviens d'une rencontre publique avec Dominique Sylvain, l'auteur de "Baka !", "La Fille du samouraï", "Passage du désir", entre autres, tout ça chez Viviane Hamy, qui expliquait à propos de l'un de ses personnages : "en ce moment, tout va bien pour elle, son histoire avec son commissaire se passe bien, donc je la laisse un peu tranquille". J'avais été très frappée par sa façon de parler de ce personnage, comme une vieille amie avec qui elle aurait pris un café quelques jours auparavant.
Et puis dix minutes plus tard, elle expliquait la création d'une nouvelle héroïne de manière très technique, très pragmatique : "je voulais qu'elle soit plus toute jeune, pas très jolie, pas commode et, pour contrebalancer, je lui ai adjoint une comparse qui est tout son contraire." Ainsi, ses personnages semblaient à la fois ses "choses" soumises à son bon vouloir, tout en menant une vie propre, indépendante, imperméable aux souhaits de leur créatrice.
L'écriture a toujours été pour moi un processus extrêmement mystérieux. Comment l'histoire vient à l'auteur, comment elle se construit, comment il l'apprivoise, quels rapports il entretient avec ses personnages… tout cela me paraît relever au minimum de l'ésotérisme. Du coup, je n'aime rien tant que le récit de la naissance d'un livre par un écrivain. Et quand ledit écrivain est aussi illustrateur, je suis aux anges, car écriture + dessin, pour moi, ce n'est plus de l'ordre de l'ésotérisme mais carrément du miracle !
Imaginez donc ma joie lorsque j'ai découvert, sur le site de L'Ecole des loisirs, (cliquer sur l'une des catégories, puis "découvrir les auteurs") une série de petites vidéos dans lesquelles des auteurs racontent, expliquent, montrent comment un livre est né, qu'il soit album pour les tout-petits ou roman destiné aux ados. Mes préférés : Stephanie Blake, auteur du célèbre "Caca boudin", Geneviève Brisac, qui pense que ses histoires à elle sont réunies en un lieu où elles l'attendent, Agnès Desarthe, très volubile, Marie Desplechin, qui m'a bien fait rire, Emile Jadoul, Dorothée de Monfreid, Geoffroy de Pennart, Mario Ramos, Jean-Charles Sarrazin… bref, si vous avez envie d'éclaircir (un peu) le mystère de la naissance d'un livre, je vous recommande ce site, c'est un plaisir !
PS : de nombreux auteurs commencent par "Oh, moi, je suis très paresseux…" ou expliquent qu'ils ont horreur de se mettre au travail (mais qu'une fois qu'ils ont commencé, ça va). Mouaif…
13 janvier 2008 dans Journal, Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (3)
Je termine de relire le "Journal de la création" de Nancy Huston (chez Babel, la collection poche d'Actes Sud). Je l'avais lu une première fois il y a quelques années en sentant certaines choses sans être sûre de bien les comprendre. Il y a 15 jours, j'ai soudain eu très très envie de le relire. Le retrouver dans les 30 cartons de livres qui trônent dans un coin du séjour n'a pas été trop difficile et aujourd'hui, il me fait toujours autant d'effet. Certaines phrases font tilt chez moi, peut-être qu'elles vous donneront envie d'en lire plus :
"Je suis (humaine), donc je pense. Ce n'est pas parce que je fais l'amour, ou un bébé, que je deviens moins humaine… sauf à identifier l'humain avec la maîtrise absolue. On peut perdre la maîtrise de son corps et devenir encore plus humain qu'avant - c'est ce que, après d'autres, j'ai découvert grâce à la maladie." p. 178
(A propos du couple Sylvia Plath-Ted Hughes)
"Voilà. Le complexe d'Electre est mûr : il peut éclater, spectaculaire, au point d'occuper tout le devant de la scène. Le père adoré a été remplacé par un mari rival ; et la fille, devenue femme, est ahurie de se retrouver à la place exécrée de sa propre mère. Accablée par le poids des corvées, elle prend refuge dans la partie la plus intellectuelle de son corps : les nerfs. Elle vit sur les nerfs, devient pure conductrice de douleur. Comme Electre, dont le nom a bel et bien la même racine que "électrique" : electrum, l'ambre, première substance avec laquelle les Grecs ont appris à produire de l'électricité… par friction." pp. 207-208
"Par définition, l'abstraction est la capacité de délaisser le concret, de tourner le dos au réel, au particulier, au tangible, pour s'élever vers les cieux de la vérité générale. Les hommes - à qui on ne dit pas que leur destin est essentiellement voire exclusivement lié à leur corps (sa beauté, sa fécondité) - peuvent s'adonner à cette activité tout en menant une vie physique normale. Les femmes, apparemment, ne le peuvent pas. Pour rendre possible une vie de l'esprit, elles renoncent toujours, à un degré plus ou moins extrême, aux possibilités de leur corps." p. 227
"Plus l'équation homme-esprit/femme-corps est forte dans la tête d'un(e) enfant, plus rude sera la névrose qu'il ou elle produira pour venir à bout de la partie de soi que son sexe est censé refouler : telle est une des lois que je crois observer régissant la création artistique." p. 260
"L'étrange, ce sont non pas les femmes-mères mais tous les autres, tous ceux qui voudraient s'aveugler devant cette évidence que nous sommes mélange. L'étrange, ce sont ceux qui trouvent normal qu'une moitié de l'humanité doive figurer l'abject pour l'autre moitié, et que celle-ci ait pour charge de connaître et de purifier celle-là. L'étrange, ce sont les Jean-Paul Sartre qui, tour à tour écœurés et attirés, repoussés et obsédés par ce mélange, l'attribuent dans leurs livres aux marronniers, aux crabes, aux huîtres et aux femmes. L'étrange, ce sont les Charles Baudelaire décrétant que "la femme est abominable parce que naturelle". En réalité, la femme n'est "abominable" que parce qu'elle dit, trahit (est, en tant que mère) la vérité de l'homme : parlant, désirant, vivant, chiant, saignant, pleurant, mourant, sachant. Cette vérité n'est "abominable" que pour ces créatures éminemment étranges qui ont besoin de croire que l'Homme (l'homme) est, n'est que, langage et transcendance." pp. 311-312
PS : Finalement, le plus gros inconvénient de cet appartement, c'est qu'il est si clair que les jours de beau temps, il fait beau aussi à l'intérieur et les jours gris, il fait moins gris à l'intérieur. Je ne vois donc plus aucune raison de sortir de chez moi.
(Quoi, aller travailler ?)
05 mars 2007 dans Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (7)
Depuis quelques jours, ce blog me met en joie.
L'une des raisons pour lesquelles j'aime les blogs, c'est que j'aime bien savoir "comment ça se passe chez les autres".
Du voyeurisme, dites-vous ? Certainement.
Sans doute aussi le fait que ça m'aide vraiment à lever le nez de mon quotidien. Parfois, je suis tellement embourbée dans les soucis/nécessités/obligations du jour/de la semaine/du mois que je n'imagine même plus que ça puisse être différent.
Des images aussi simples que celles-ci, qui montrent le matin chez deux filles vivant à 5000 kilomètres l'une de l'autre, permettent petit à petit d'imaginer une maison, une famille, des habitudes, des vies. Rien de très exotique, juste d'autres gens vivant autrement. Je trouve ça drôlement rafraîchissant.
PS : Vous pouvez lire ici ce que Christie en a dit.
10 janvier 2007 dans Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (1)
…mais pas n’importe lesquels. Thank you for Smoking raconte le quotidien du porte-parole du lobby du tabac, un type sans scrupules qu’on adore tout de suite. Ou bien c’est moi qui suis complètement dégénérée ? Le politiquement correct en prend un coup mais vous noterez que personne, dans le film, n’allume jamais une cigarette ! Little Miss Sunshine décrit le voyage mouvementée d’une famille un peu déjantée (papa veut écrire des best-sellers pour les winners, maman est surbookée, le grand-père se fait des rails de coke dans les toilettes, l’ado ne parle plus depuis 9 mois…) qui accompagne en Combi VW sa fille d’une dizaine d’années à un concours de beauté en Californie. Une vraie merveille, avec des acteurs formidables, Greg Kinnear et Toni Collette en tête, mais les deux enfants sont super aussi, et le frère… et le grand-père… A la fin du film, la salle (comble) a applaudi, ce qui n’arrive pas tous les jours.
25 septembre 2006 dans Vu, lu | Lien permanent | Commentaires (1)