05 juin 2008

Secrets de fabrication (un peu)

Ungerercrowtherponti_2

Vous allez croire que j'ai des actions à L'École des Loisirs, malheureusement ce n'est pas le cas.
Si vous aimez les livres pour enfants (mais pas seulement), sachez qu'il y a peut-être l'un de ces fascicules chez votre libraire, voire les trois, et que si ce n'est pas le cas, la maison d'édition peut vous en envoyer un (ou deux ou trois ou plus) "pour diffusion". Pas besoin d'être librairie ou bibliothécaire ou enseignant (en tout cas, ils ne demandent rien).

Dans le livret consacré à Kitty Crowther, on trouve des pages comme ci :

Crowther

Et dans celui consacré à Claude Ponti, des pages comme ça :

Ponti

Effet pervers de la diffusion de ces livrets, je comprends que je n'aime pas vraiment ce que fait Tomi Ungerer… 

PS : Vous voulez un Ponti ? Il m'en reste un. Si ça vous intéresse, envoyez-moi votre adresse postale à satsukiduchatbus (ici, insérer l'arobase) yahoo.fr.

PPS : Gilda, je t'en ai envoyé un, des fois que tu ne l'aurais pas déjà… 

01 juin 2008

Rotraut Susanne Berner

Oskar

Le fait d'avoir un bébé m'a offert une excuse en or massif pour me lâcher au rayon jeunesse des librairies. Ce n'est pas que je me retenais beaucoup avant, mais quand il fallait choisir entre un roman très attendu et un album jeunesse, c'est généralement le deuxième qui passait à la trappe. "Ce sera pour plus tard". Plus tard est arrivé et maintenant, je prends les deux, ce qui explique sans doute un certain nombre de choses mais passons.

Donc j'y vais franco et, voyez comme je suis chanceuse, je peux même y aller deux fois : dans les librairies françaises ET dans les librairies allemandes.

Lors de notre dernier séjour en Allemagne, j'ai rapporté deux petits livres de Rotraut Susanne Berner, "Oskar" et "Monika und Mingus". Quelques semaines après notre retour, ils sont apparus dans une version française dans mes lieux de perdition favoris. Oskar est devenu Julien, et Monika s'appelle désormais Mysti. Peu importe car en français ou en allemand, les livres de cet auteur sont délicieux.

Tommy

"Bonne nuit Tommy", trouvé à la bibli.
J'aime les dessins au crayon de couleur qui me donnent l"impression que c'est facile (et comme je veux la conserver, cette impression, je n'essaie pas d'en faire, moi aussi), les détails incongrus comme le poussin caché derrière le vase, les clins d'œil à des tableaux connus et la simplicité des textes.

Ce qu'en pense le Bonhomme ? Difficile à dire mais si l'on considère que son degré d'affection pour un livre peut se mesurer au nombre de fois où il le jette par terre, je pense que ça lui plaît aussi… 

13 janvier 2008

Naissance des livres

Ecoledesloisirs

Je me souviens d'une rencontre publique avec Dominique Sylvain, l'auteur de "Baka !", "La Fille du samouraï", "Passage du désir", entre autres, tout ça chez Viviane Hamy, qui expliquait à propos de l'un de ses personnages : "en ce moment, tout va bien pour elle, son histoire avec son commissaire se passe bien, donc je la laisse un peu tranquille". J'avais été très frappée par sa façon de parler de ce personnage, comme une vieille amie avec qui elle aurait pris un café quelques jours auparavant.
Et puis dix minutes plus tard, elle expliquait la création d'une nouvelle héroïne de manière très technique, très pragmatique : "je voulais qu'elle soit plus toute jeune, pas très jolie, pas commode et, pour contrebalancer, je lui ai adjoint une comparse qui est tout son contraire." Ainsi, ses personnages semblaient à la fois ses "choses" soumises à son bon vouloir, tout en menant une vie propre, indépendante, imperméable aux souhaits de leur créatrice.

L'écriture a toujours été pour moi un processus extrêmement mystérieux. Comment l'histoire vient à l'auteur, comment elle se construit, comment il l'apprivoise, quels rapports il entretient avec ses personnages… tout cela me paraît relever au minimum de l'ésotérisme. Du coup, je n'aime rien tant que le récit de la naissance d'un livre par un écrivain. Et quand ledit écrivain est aussi illustrateur, je suis aux anges, car écriture + dessin, pour moi, ce n'est plus de l'ordre de l'ésotérisme mais carrément du miracle !

Imaginez donc ma joie lorsque j'ai découvert, sur le site de L'Ecole des loisirs, (cliquer sur l'une des catégories, puis "découvrir les auteurs") une série de petites vidéos dans lesquelles des auteurs racontent, expliquent, montrent comment un livre est né, qu'il soit album pour les tout-petits ou roman destiné aux ados. Mes préférés : Stephanie Blake, auteur du célèbre "Caca boudin", Geneviève Brisac, qui pense que ses histoires à elle sont réunies en un lieu où elles l'attendent, Agnès Desarthe, très volubile, Marie Desplechin, qui m'a bien fait rire, Emile Jadoul, Dorothée de Monfreid, Geoffroy de Pennart, Mario Ramos, Jean-Charles Sarrazin… bref, si vous avez envie d'éclaircir (un peu) le mystère de la naissance d'un livre, je vous recommande ce site, c'est un plaisir !

PS : de nombreux auteurs commencent par "Oh, moi, je suis très paresseux…" ou expliquent qu'ils ont horreur de se mettre au travail (mais qu'une fois qu'ils ont commencé, ça va). Mouaif…

05 mars 2007

"Journal de la création"

Je termine de relire le "Journal de la création" de Nancy Huston (chez Babel, la collection poche d'Actes Sud). Je l'avais lu une première fois il y a quelques années en sentant certaines choses sans être sûre de bien les comprendre. Il y a 15 jours, j'ai soudain eu très très envie de le relire. Le retrouver dans les 30 cartons de livres qui trônent dans un coin du séjour n'a pas été trop difficile et aujourd'hui, il me fait toujours autant d'effet. Certaines phrases font tilt chez moi, peut-être qu'elles vous donneront envie d'en lire plus :

"Je suis (humaine), donc je pense. Ce n'est pas parce que je fais l'amour, ou un bébé, que je deviens moins humaine… sauf à identifier l'humain avec la maîtrise absolue. On peut perdre la maîtrise de son corps et devenir encore plus humain qu'avant - c'est ce que, après d'autres, j'ai découvert grâce à la maladie." p. 178

(A propos du couple Sylvia Plath-Ted Hughes)
"Voilà. Le complexe d'Electre est mûr : il peut éclater, spectaculaire, au point d'occuper tout le devant de la scène. Le père adoré a été remplacé par un mari rival ; et la fille, devenue femme, est ahurie de se retrouver à la place exécrée de sa propre mère. Accablée par le poids des corvées, elle prend refuge dans la partie la plus intellectuelle de son corps : les nerfs. Elle vit sur les nerfs, devient pure conductrice de douleur. Comme Electre, dont le nom a bel et bien la même racine que "électrique" : electrum, l'ambre, première substance avec laquelle les Grecs ont appris à produire de l'électricité… par friction." pp. 207-208

"Par définition, l'abstraction est la capacité de délaisser le concret, de tourner le dos au réel, au particulier, au tangible, pour s'élever vers les cieux de la vérité générale. Les hommes - à qui on ne dit pas que leur destin est essentiellement voire exclusivement lié à leur corps (sa beauté, sa fécondité) - peuvent s'adonner à cette activité tout en menant une vie physique normale. Les femmes, apparemment, ne le peuvent pas. Pour rendre possible une vie de l'esprit, elles renoncent toujours, à un degré plus ou moins extrême, aux possibilités de leur corps." p. 227

"Plus l'équation homme-esprit/femme-corps est forte dans la tête d'un(e) enfant, plus rude sera la névrose qu'il ou elle produira pour venir à bout de la partie de soi que son sexe est censé refouler : telle est une des lois que je crois observer régissant la création artistique." p. 260

"L'étrange, ce sont non pas les femmes-mères mais tous les autres, tous ceux qui voudraient s'aveugler devant cette évidence que nous sommes mélange. L'étrange, ce sont ceux qui trouvent normal qu'une moitié de l'humanité doive figurer l'abject pour l'autre moitié, et que celle-ci ait pour charge de connaître et de purifier celle-là. L'étrange, ce sont les Jean-Paul Sartre qui, tour à tour écœurés et attirés, repoussés et obsédés par ce mélange, l'attribuent dans leurs livres aux marronniers, aux crabes, aux huîtres et aux femmes. L'étrange, ce sont les Charles Baudelaire décrétant que "la femme est abominable parce que naturelle". En réalité, la femme n'est "abominable" que parce qu'elle dit, trahit (est, en tant que mère) la vérité de l'homme : parlant, désirant, vivant, chiant, saignant, pleurant, mourant, sachant. Cette vérité n'est "abominable" que pour ces créatures éminemment étranges qui ont besoin de croire que l'Homme (l'homme) est, n'est que, langage et transcendance." pp. 311-312

PS : Finalement, le plus gros inconvénient de cet appartement, c'est qu'il est si clair que les jours de beau temps, il fait beau aussi à l'intérieur et les jours gris, il fait moins gris à l'intérieur. Je ne vois donc plus aucune raison de sortir de chez moi.
(Quoi, aller travailler ?)

10 janvier 2007

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Depuis quelques jours, ce blog me met en joie.

L'une des raisons pour lesquelles j'aime les blogs, c'est que j'aime bien savoir "comment ça se passe chez les autres".
Du voyeurisme, dites-vous ? Certainement.
Sans doute aussi le fait que ça m'aide vraiment à lever le nez de mon quotidien. Parfois, je suis tellement embourbée dans les soucis/nécessités/obligations du jour/de la semaine/du mois que je n'imagine même plus que ça puisse être différent.

Des images aussi simples que celles-ci, qui montrent le matin chez deux filles vivant à 5000 kilomètres l'une de l'autre, permettent petit à petit d'imaginer une maison, une famille, des habitudes, des vies. Rien de très exotique, juste d'autres gens vivant autrement. Je trouve ça drôlement rafraîchissant.

PS : Vous pouvez lire ici ce que Christie en a dit.

25 septembre 2006

Allez au cinéma voir des films américains…

…mais pas n’importe lesquels.

Thank you for Smoking raconte le quotidien du porte-parole du lobby du tabac, un type sans scrupules qu’on adore tout de suite. Ou bien c’est moi qui suis complètement dégénérée ? Le politiquement correct en prend un coup mais vous noterez que personne, dans le film, n’allume jamais une cigarette !

Little Miss Sunshine décrit le voyage mouvementée d’une famille un peu déjantée (papa veut écrire des best-sellers pour les winners, maman est surbookée, le grand-père se fait des rails de coke dans les toilettes, l’ado ne parle plus depuis 9 mois…) qui accompagne en Combi VW sa fille d’une dizaine d’années à un concours de beauté en Californie. Une vraie merveille, avec des acteurs formidables, Greg Kinnear et Toni Collette en tête, mais les deux enfants sont super aussi, et le frère… et le grand-père… A la fin du film, la salle (comble) a applaudi, ce qui n’arrive pas tous les jours.

13 septembre 2006

Jamais trop tard

Leparrain
Je n'avais jamais vu Le Parrain. Etant donné qu'il est sorti en salle l'année de ma naissance, je l'ai découvert la semaine dernière avec seulement 34 ans de retard. J 'en avais entendu tant de bien que j'étais à peu près certaine d'être déçue. En fait, c'est vraiment très très bien.
Je me rends compte qu'il y a pas mal de classiques que je n'ai jamais vus, surtout des comédies. Le fameux qui fait rigoler tout le monde, avec Peter Sellers qui joue un Indien… The Party… jamais vu. Et The Blues Brothers… jamais vu non plus. Et j'ai découvert les Monty Python il y a deux ans, grâce à une âme charitable sans laquelle je serais encore en train de me demander d'où vient ce ministère des démarches ridicules que tout le monde a l'air de connaître…

12 juin 2006

Je veux avoir les poils des bras qui se hérissent !

Lelisir
Nous sommes arrivés juste à temps. La sonnerie en forme de glas de l'opéra Bastille résonnait déjà et nous avons gravi les 6 étages quatre à quatre. Enfin, jusqu'au quatrième, après, j'ai fait ce que j'ai pu… Les places pour pauvres, à 9 euros, sont situées au dernier étage, dans une galerie latérale. On a l'impression d'être suspendu très haut au-dessus de la scène. Gros souci pour Mister G, qui craint le vide et les idées malsaines qu'il fait sortir de l'ombre. La prochaine fois, on cassera la tirelire et on s'offrira des places à 20 euros.

Déjà, on verra mieux, et surtout, on entendra peut-être mieux.
Parce que le gros problème de cet "Elixir d'amour", c'est que pendant trois heures, on a envie d'augmenter le volume. Pas de beaucoup, mais juste assez pour se sentir vraiment à l'opéra.

La mise en scène était chouette, je crois que tout le monde est à peu près d'accord là-dessus. L'action transposée dans l'Italie des années 50, le rideau couvert de publicités rétro pour le fameux élixir du docteur Dulcamara, celui qui soigne tout, les pieds qui puent, les cheveux qui tombent, l'impuissance des hommes et les pleurs des bébés, la pyramide de balles de foin, Adina lisant "Tristan et Iseult" sous son parasol, le camion du bon docteur, le chien qui traverse la scène, les choeurs presque chorégraphiés... tout est frais, drôle et agréable à l'oeil. Sur Operadatabase, un commentaire le remarquait très justement : grâce à la mise en scène, on passe quand même un bon moment.

Je dis "quand même", parce que les chanteurs… on était nettement moins convaincus. La voix de l'interprète d'Adina, Heidi Grant Murphy, arrivait difficilement jusqu'à nous et quand c'était le cas… rien> de spécial. On était déjà contents de l'entendre. Paul Groves, dans le rôle de Nemorino, faisait plus idiot du village qu'amoureux transi. Il a quand même réussi à me faire dresser les poils sur les bras pendant "Une furtiva lagrima", mais ç'aura été le seul moment d'émotion du spectacle. Le sergent Belcore était pas mal, un peu caricatural quand même, et le docteur Dulcamara était plutôt bien. Si cet "Elixir" ne soutient pas la comparaison avec le "Rigoletto" d'il y a quelques semaines, la mise en scène (de Laurent Pelly) permet de passer un bon moment. J'ai quand même été étonnée par l'enthousiasme des applaudissements, même si Heidi Grant Murphy a été un peu huée. Le public de l'opéra Bastille est très différent de celui du théâtre de la Ville, que j'ai longuement fréquenté, nettement moins accomodant !

07 mars 2006

Cinéma

Munich.
On avait envie de le voir, avec Mister G, mais on a un peu traîné. Il me semble que depuis peut-être un an (plus ?), les films se succèdent avec une telle rapidité sur les écrans qu'il faut faire vite vite vite si on ne veut pas devoir se rabattre sur le dévédé quelques mois plus tard. Or, moi, j'aime bien voir les films au cinéma.
Munich n'était déjà plus projeté que dans deux salles en vo. On opte pour l'UGC de Bercy, parking, places, escalator, la salle est tout en haut et tout au fond, on se dit qu'elle sera minuscule, aux trois quarts vide et que le type devant nous avec son litre de Coca et ses 2 kilos de pop-corn va sans doute voir autre chose.

Erreur. Erreur sur toute la ligne. La salle est peut-être minuscule – pour un multiplexe, ce qui relativise beaucoup la notion de minuscule – mais elle est quasi pleine. Et le type au pop-corn va bien voir Munich. On s'installe donc au troisième rang, en espérant laisser derrière nous les grignoteurs (chuic chomp, chuic), les buveurs (slurp, sluuuurp) et surtout, surtout, les bavards ("pis alors y m'a dit… pis j'y ai répondu…"), ceux qui ne PEUVENT PAS supporter de se taire pendant deux heures et demi, ceux qui n'envisagent pas de faire partager leurs commentaires à leurs voisins APRÈS le film, ceux qui se sentent obligés d'expliquer l'action à leur copine, des fois qu'elle serait trop conne pour comprendre ce qui se passe ("alors là, il ouvre le placard, tu vois"). Ben oui, justement, elle voit, alors ta gueule.

Bref. Comme vous vous en doutez, on a été cernés par les bouffeurs, les buveurs et les bavards, qui ont mis beaucoup d'énergie à me saloper le film. J'oubliais ceux qui ont une vie tellement trépidante qu'ils ne peuvent pas se permettre d'éteindre leur portable pendant la séance ni, bien sûr, de ne pas y répondre lorsqu'il sonne (bzzz, bzzz, bzzz) : "ouais, t'es où, là ? Moi j'suis au cinéma. Je peux pas te parler, là. Rappelle-moi plus tard." Effectivement, ça valait le coup de la conversation.

Mais revenons-en au film.

Donc, Munich, c'était bien. Très bien reconstitué, très bien joué (à part Amalric auquel je ne crois pas un seul instant), mise en scène sobre, fluide, tout bien.
Où est le mais (évidemment, il y a un mais), me direz-vous ? Ben c'est toujours pareil avec les films de Spielberg : j'admire leur aisance, leur fluidité, l'intelligence de sa mise en scène (OK, parfois il se laisse aller à la boursouflure et c'est pas joli joli, mais la plupart du temps, il arrive à se contenir), mais j'ai toujours le sentiment qu'on a à peine effleuré les choses. Ici, bien sûr, on voit que le chef du groupe – Eric Bana, super – a des doutes de plus en plus forts, qu'il s'interroge sur ce qu'il fait (assassiner des gens, forcément, on peut se poser des questions). Le problème, c'est qu'on nous le montre, qu'on nous le dit, mais qu'on ne le ressent pas. Un peu trop de dit, pas assez de ressenti. Du coup, il manque quelque chose d'essentiel dans ce film, ce qui n'en fait pas un navet pour autant, loin de là. Mais il me laisse un sentiment d'inachevé, d'incomplétude.

Et aussi la certitude que le prochain qui cause à son portable au cinéma, je le lui fais bouffer. (Guettez les pages "faits divers", ça ne saurait tarder)

27 février 2006

Retrouvailles

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais plus assise dans une salle de spectacles. Un an ? Un an et demi ? Plus ? Pendant des années, j'ai passé une bonne partie de mes soirées dans des salles de concert, à l'opéra et au théâtre de la Ville, puis j'ai complètement arrêté. D'abord par manque d'argent – mes revenus ont beaucoup baissé depuis deux ans – mais aussi à cause d'une certaine lassitude. J'en avais marre de finir écrasée contre un pilier ou coincée derrière un joueur de basket aux concerts de rock. J'en avais marre des spectacles où les danseurs se roulent par terre, poussent des cris et courent sur la scène pendant une heure et demie (en général, plus c'est mauvais, plus c'est long). J'en avais marre des productions guindées de l'opéra Garnier où, pour voir un bout de scène, il faut obligatoirement s'offrir une place à 10 000 dollars.
(Je suis de mauvaise foi ? Pas plus que d'habitude !)

Il y a quelques semaines, Gilda s'était courageusement levée aux aurores pour faire l'emplette de billets pas chers pour Rigoletto de Verdi. Ça n'a pas été facile mais elle a réussi à en prendre plusieurs et c'est comme ça que j'ai pu aller pour la première fois à l'opéra Bastille.

Eh bien à Bastille, même quand on a une place à 9 euros, on VOIT la scène. En se penchant un peu mais quand même. (A Garnier, avec 9 euros, t'es au troisième rang derrière une colonne à l'aplomb du rideau…)
Donc, Rigoletto. Contrairement à ce que laisse supposer le nom, c'est pas très drôle, mais c'est pas grave. Un résumé lapidaire de l'histoire ? Vous le trouverez chez Juju. Remarquez qu'il n'y a pas que dans le rap/la tête des cons/les mauvais romans que les femmes sont soit des saintes un peu gourdasses, soit des putes. L'opéra fait ça très bien aussi.

Pour une critique éclairée du spectacle, (parce que moi j'y connais trop peu même si j'ai aimé), c'est chez Kozlika.

Ce qui m'a fait plaisir, vraiment plaisir hier après-midi, c'est de retrouver l'ambiance des salles de spectacle. Le brouhaha. Les bruits étrangement harmonieux de l'orchestre qui s'accorde. Les gens qui s'installent, se trompent de rangée, font relever tout le monde. Les voisines de fauteuil qui préparent leurs jumelles. Le programme, "demandez le progrââââme !" Les lumières qui pâlissent avant de s'éteindre complètement et ce bref instant avant le lever de rideau où l'on se prépare, où l'on oublie tout ce qui n'est pas le spectacle à venir. Oh oui, tout cela m'a manqué ! J'ai presque retrouvé avec plaisir cette détestable habitude des musiciens de l'Opéra de Paris de remballer leurs instruments et de quitter la fosse avant même la fin des applaudissements, c'est dire ! (C'est toujours comme ça, on les sent heureux dans leur boulot, ceux-là…) Bon, plaisir, non, mais c'était un geste familier et ça m'a rappelé d'autres spectacles, d'autres applaudissements…

Quand est-ce qu'on y retourne ?

Roses des sables 2005

  • Rose10
    Fin octobre, un rallye automobile féminin reposant sur l'orientation (carte, boussole et road-book, les GPS sont interdits) dans le sud marocain. Valouchka et moi sommes dans la voiture rouge numéro 36.