25 mai 2008

Tout petit matin

Matin
Je ne suis pas du matin, c'est un euphémisme.
Mais depuis la naissance du Bonhomme, il a bien fallu s'adapter. Même lorsqu'il a commencé à faire ses nuits, les réveils ont été matinaux : au mieux, 7 heures, au pire, 5h, 5h30. Parfois il se rendort, parfois non. Et là, malheureusement, il faut assurer. Alors, aux aurores, on se lève, on joue, on fait marcher le Bonhomme dans l'appartement, on l'installe dans sa chaise haute pour petit déjeuner, on lui fait goûter des morceaux de madeleine, des biscuits à la cuillère, du petit suisse, on souffle sur les moulins à vent, on montre les livres, on déchire des magazines… jusqu'au moment où le sommeil revient. Il se frotte les yeux, bâille un peu, on le ramène dans son lit ou, plus souvent, dans le nôtre, il empoigne un coussin et se rendort. Nous aussi, et c'est délicieux.

De ces petits, tout petits matins, je garde une sensation d'épuisement total mais aussi le plaisir rarement éprouvé jusque-là d'être éveillée à une heure inhabituelle. La lumière qui blanchit, jaunit, dore les murs. La rue encore toute calme, juste une voiture de temps en temps. Le vague sentiment d'être la seule personne éveillée au monde, même si les télés déjà allumées dans l'immeuble d'en face affirment le contraire.

22 mai 2008

Choses qui apaisent

Tricotherapie

-Mariner dans un grand bain chaud une partie de la matinée en ne pensant à rien.

-Tricoter un rang par-ci un rang par-là de quelque chose de facile, toujours en ne pensant à rien.

-La perspective d'aller voir l'expo de Sophie Calle avec mon ami Michel cet aprèm. Et tout ton travail, me dites-vous ? Je lâche prise, vous réponds-je… 

-Arrêter de lire des livres pour le travail avec un crayon à la main et choisir ce qui me fait envie.

-Prendre un bol d'air sur Arradon Daily Photo et me rappeler qu'il n'y a pas que des centres commerciaux et des nationales en France.

-Rêver à nos vacances suédoises cet été, quinze jours à Stockholm grâce à un échange d'appartement : Eva et Lasse viennent loger chez nous et nourrir nos fauves, nous logeons chez eux, sur l'île de Södermalm. Les billets d'avion sont pris, tout cela est donc réel !

-La perspective de la piscine, demain soir, et des longueurs enchaînées… en ne pensant à rien, encore une fois.

21 mai 2008

Lâcher prise

Dodo

Suis fatiguée en ce moment. Vraiment fatiguée.
Le boulot qui me casse les pieds n'en finit plus et je commence à comprendre qu'il est inutile de m'acharner à faire avancer les choses. Qu'elles avanceront à leur rythme et que, malheureusement, celui-ci est très lent. Que tout cela ne repose pas uniquement sur mes épaules. Et que, de toute façon, ce n'est pas grave. Enfin, pas SI grave. Y pas mort d'homme, quoi*.

La maison is a mess et je n'ai pas le temps, pas l'énergie, pas le courage de nettoyer, aspirer et ranger des pièces qu'il faudra nettoyer, aspirer et ranger de nouveau trois jours plus tard. Les poils de chat s'accumoncellent**, bientôt on pourra remplir un coussin. Un demi-buffet acheté chez Emmaüs la semaine dernière trône dans le séjour à côté d'une pile de caisses de fringues à descendre à la cave, de vieux vêtements à jeter et il y a encore des cartons du déménagement qui traînent… ils sont là depuis si longtemps que je ne les remarque que ponctuellement.

Du coup, j'asticote continuellement Mister G qui est en vacances et qui préfère employer son temps à lire le journal sur le canapé et à faire la sieste qu'à trimballer des caisses sur trois étages, ce qui se comprend. Mais s'il ne le fait pas, je le ferai pas non plus et si aucun d'entre nous ne le fait, on n'a pas fini de slalomer entre le demi-buffet, les caisses de fringues à descendre à la cave, etc.

A la chaîne de télé règne une atmosphère infecte en ce moment, personne ne se parle et on attend juste que ça se termine en silence. L'un des principaux intérêts de ce boulot, c'est quand même qu'il me permet de sortir un peu de mon splendide isolement professionnel. Si ce n'est même plus le cas, cela vaut-il le coup de s'acharner ?

Quant à mes autres boulots, ceux qui m'intéressent, je les ai un peu mis en suspens pour me consacrer à la revue qui n'avance pas (tiens, on va l'appeler comme ça maintenant). En même temps, je continue à former des projets et ça me prend un peu de temps. Au milieu de tout ça, même plus le temps de voir mes amis (faut-il trouver intéressant le fait que le mot "temps" intervienne trois fois dans ce paragraphe ou c'est juste que je suis naze ?)

Mais quoi, il fait beau, mon fils est en bonne santé, on n'est pas à la rue, de quoi je me plains ? Lâcher prise, lâcher prise, pourquoi c'est si difficile ?
Aujourd'hui, le Bonhomme a entamé sa nuit vers 17h30 et je pressens un réveil difficile et sans espoir de rendormissement vers 3 heures du mat. Il serait peut-être judicieux d'aller me coucher.

*copyright Daniel Pécoud, alias Jean-Pierre Darroussin dans "Mes meilleurs copains"
** copyright ma mère

10 mai 2008

Choses vues

Conquerantes
Un jour, les plantes reprendront le pouvoir dans la ville, feront exploser les canalisations et le bitume, couvriront les murs, briseront les vitres, dévoreront les trottoirs, envahiront les tunnels, soulèveront les pavés… le mai 68 du lierre, la prise de la Bastille des mauvaises herbes, la Commune des graminées !


Rueduparc
Devinette : de deux villes voisines, l'une est pétée de thunes, laquelle ?
(L'autre n'est pas trop malheureuse non plus, cela dit).
C'est très frappant dans cette rue. Dès qu'on entre à Sceaux, les fils électriques disparaissent, les places de stationnement sont aménagées, il y a des plots partout, des réverbères tous les 10 mètres… Apparemment, la société Decaux a fait de bonnes affaires.


Jalouses
Légèrement négligées, ces chatonnes sont prêtes à tout pour affirmer leur existence.
Si Ozalid reste prudemment à distance du Bonhomme, Iris (sur la poussette) paie de sa personne et se fait tirer la queue et arracher les poils. En guise de compensation, elle estime avoir le droit de dormir dans son lit dès qu'on a le dos tourné.

03 mai 2008

Un air de printemps, non ?

Premiers_pas

Le premier melon de l'année, brebis fermier, saint-nectaire et brie de Meaux de chez monsieur Grémont, le meilleur fromager du monde, et une salade. Pas besoin de se compliquer la vie ! Quant au Bonhomme, il veut goûter à tout et comme on n'est pas contraignants, il a testé le roquefort, la glace Berthillon à la poire, la mozzarella, les fonds d'artichauts à l'huile, les financiers, la salade… tout ça sans dents.

29 avril 2008

Entre deux averses

Jardin_japonais
Dans le parc de Sceaux, il y a un coin un peu à l'écart qui ressemble à l'idée que je me fais d'un parc japonais avec des cerisiers en fleurs et de petits oratoires. Ce week-end, il était plein de gens assoiffés de soleil, de printemps et de vautrage dans l'herbe. Ce matin, j'imagine qu'il est désert et que la pluie fait tomber les fleurs des cerisiers.

Je suis un peu dans l'entre-deux, en ce moment. Le gros boulot qui me plaisait est rendu, j'en suis contente et la chef aussi. Bien.
Il me reste maintenant à terminer le gros boulot qui ne m'intéresse pas (mais qui va me rapporter un peu plus d'argent) et j'ai bien du mal à m'y mettre. Incroyable comme je dois me violenter dans ces cas-là. Et pourtant, je devrais, je devrais vraiment, car Sainte Suzette, notre nounou adorée, fait le pont, et je n'aurai pas beaucoup d'occasions de faire avancer le schmilblick d'ici lundi, à moins de passer mes soirées sur ledit schmilblick, ce qui ne manquera sans doute pas d'arriver.

A 35 ans, avoir encore le sentiment de mes 12 ans : "on est dimanche soir et j'ai pas fait mes devoirs"… 

21 avril 2008

Chacun fait comme il veut

Titanic
Personnellement, je n'aurais pas choisi ce nom-là pour mon entreprise, mais bon…

PS confiture 1 : Mariaba, ta confiture expérimentale abricots secs-vanille m'intéresse !

PS confiture 2 : j'ai testé une nouvelle recette de Christine Ferber : rhubarbe-pomme à la bière. C'est… bizarre. Ce que j'aime dans la confection de confiture, c'est l'odeur du fruit qui cuit et qui confit dans le sucre. Là, forcément, ça sentait la bière. Ou plutôt la levure. Rien qui me donne envie de me faire une tartine ! Je m'apprêtais à tout jeter sans même goûter. Mister G a courageusement testé… et c'est très bon. N'empêche, j'ai pas tellement envie de manger de la confiture qui ne sent pas super bon.

10 avril 2008

La recette et le jeu

Thaddy
Alors, la recette de la confiture bananes-jus d'orange-vanille vient du livre de Christine Ferber, "Mes confitures", que je ne saurais trop vous recommander. En plus, il est publié en poche (chez J'ai Lu), donc on a plein d'idées pour 5 ou 6 euros. (Fin de la réclame.)

Evidemment, j'adapte la recette. C'est-à-dire que je dose les ingrédients un peu au pif et que je fais la confiture en une fois et pas en deux jours. Donc ça donne :

-6 bananes (pelées, environ 600 grammes)
-2 bonnes oranges à jus pressées (plus ou moins 20 cl)
-1 gousse de vanille (personnellement, je l'achète au marché, elles sont énormes, presque grasses, et elles embaument, même enfermées dans une boîte)
-du sucre cristallisé, environ 700-750 grammes.
-un demi-citron pressé

On pèle les bananes et on les coupe en rondelles, on les met dans une bassine à confiture, une grande casserole, une marmite à pâtes, un couscoussier, ce que vous voulez, avec le jus d'orange, le sucre, le citron et la gousse de vanille fendue dans la longueur, on porte à ébullition en remuant, on écume, on laisse cuire à feu vif 10 minutes- un quart d'heure (en remuant), on écume encore s'il le faut, on retire la gousse de vanille, on mixe bien la confiture (ou pas trop si on aime les morceaux), on vérifie la nappe (c'est-à-dire qu'on laisse tomber une goutte sur une assiette préalablement refroidie au congélo, si la goutte se fige, c'est bon, la confiture est cuite) et on met en pots tant que c'est chaud. Et on n'oublie pas de retourner les pots jusqu'à ce que le contenu ait refroidi.

Au total, une demi-heure de boulot et du bonheur à la petite cuillère !
Prochains essais : rhubarbe et fraises confites, rhubarbe et pommes à la bière et abricots et dés de mangue.

Et puis si vous avez envie de jouer au grand jeu de "je t'envoie un pot de ma confiture, tu m'envoies un pot de ta confiture, on s'envoie des pots de nos confitures, etc., je vous propose de me mailer votre adresse (postale) à satsukiduchatbus (placez ici l'arobase) yahoo.fr et j'essaie d'organiser ça. Allez, c'est le printemps !

PS : ah oui, la photo a été prise tout près de chez moi, c'est une délicieuse petite allée bordée de délicieuses petites maisons dotées, évidemment, de charmants petits jardins… J'adore cette plaque.

03 avril 2008

Le pouvoir de la confiote

Bananorange
En ce moment, j'ai deux "travails" à la maison (en plus de la Chaîne de télé) : l'un m'intéresse beaucoup et je le fais avec plaisir et j'y consacre beaucoup de temps ; l'autre me casse les pieds parce qu'il est parasité par des contingences informatiques et techniques qui me bouffent du temps et de l'énergie. Et puis je prends la relève de quelqu'un qui ne s'est pas montré coopératif dans le passage de relais, et c'est un doux euphémisme. Résultat : je navigue à vue, ça m'énerve et j'ai encore moins envie de travailler.

Du coup, pour décompresser, je fais de la confiture. Ici, banane, jus d'orange et vanille. C'est facile, ça sent bon, ça goûte bon, c'est super gratifiant et tiens, la semaine prochaine, j'en fais une autre !

PS : miss Couac, toujours d'accord pour un échange de confitures ? D'autres intéressés ?

30 mars 2008

Dimanche de pluie à Paris

Hcb_2
Vu depuis le premier étage de la très jolie Fondation Henri Cartier-Bresson. Le bâtiment est magnifique, bien que sans doute un peu sous-exploité (et pas du tout poussette-friendly), dans une toute petite impasse du XIVe arrondissement. Belle exposition de Saul Leiter pendant encore 15 jours, mais évitez les week-ends si vous voulez être un peu tranquille…

Francfort ? Ça s'est super bien passé, merci, mais ça paraît déjà bien loin. Demain, retour du rythme infernal, mais en attendant, je vais m'enterrer sous la couette. Bonuit, bonuit, p'tite Sally, Sally doux cœur chéri (Holden Caulfield, dans "L'Attrape-cœurs" - dans la traduction de Sébastien Japrisot ; ça m'est toujours resté)…

Roses des sables 2005

  • Rose10
    Fin octobre, un rallye automobile féminin reposant sur l'orientation (carte, boussole et road-book, les GPS sont interdits) dans le sud marocain. Valouchka et moi sommes dans la voiture rouge numéro 36.